L’idée de ce projet a germé au travers de quelque chose de très rare de nos jours : le temps.

En parcourant quelques milliers de kilomètres et en foulant le sol de plusieurs pays, j’ai eu le privilège de découvrir quelques-unes des plus belles merveilles naturelles et culturelles de la planète. Je n’ai pas le souvenir d’un moment précis où l’idée d’un tel projet m’est apparue, mais l’inspiration est certainement venue au cours de l’une de mes expéditions, sans doute de la même façon que j’aime grimper les montagnes, pas à pas, non pas vers le sommet mais sur le chemin. J’aime laisser toute la place au cheminement, au temps. L’idée du projet s’est ainsi structurée, petit à petit, au fil de mes pas.

Un jour, sentant mes idées de plus en plus précises, j’ai approché la clinique JAP du Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Lors d’une rencontre, les membres de l’équipe m’ont laissé présenter le fruit de mes réflexions. La réponse a été très positive. J’ai eu beaucoup de support de la part de toute l’équipe pour créer un projet pilote sous le nom de « Un brin de folie ». Je les remercie sincèrement puisque, sans le soutien particulier de la psychiatre Amal Abdel-Baki et des ergothérapeutes Cynthia Delfosse, Audrey Lemelin, Marilyn Paquet et Annie Lefebvre, le projet n’aurait peut-être pas vu le jour. Comme le projet a été une réussite, j’ai voulu offrir ce type de services à d’autres milieux.

C’est au cours de ce projet pilote que j’ai vraiment senti à quel point ce type d’intervention est nécessaire et qu’il peut être bénéfique pour ces personnes. C’est surtout le regard des participants qui m’a marqué. Dommage qu’il n’existe pas d’appareil pour mesurer les étoiles dans les yeux. Que se passe-t-il lorsqu’on amène quelqu’un à développer sa confiance personnelle? Vous seriez surpris de constater à quel point la thérapie d’aventure peut donner confiance à un individu.

Suite à ce projet, j’ai commencé à chercher (et à trouver!) des personnes qui pourraient siéger sur le conseil d’administration d’un futur organisme à but non lucratif qui se nommerait Face aux vents. L’organisme doit beaucoup à cette équipe de bâtisseurs passionnés par cette aventure. Avec beaucoup de fierté, je lève mon chapeau à : Christian, Fred, Karine et Audrey et leur dit Merci!

Dans toute cette petite histoire, je ne peux passer sous silence les apports innombrables de Clairélaine qui sait me transmettre sa passion pour la santé mentale. Et dire qu’encore aujourd’hui, plusieurs ont une vision péjorative de la santé mentale et pensent que les psychiatres sont des « distributeurs de pilules » Dommage qu’ils ne connaissent pas Clairélaine!

Jean-Philippe LeBlanc, fondateur de Face aux vents

D’où vient le nom Face aux vents?

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Je suis profondément marqué par ma terre natale. Durant toute ma jeunesse, j’ai eu les deux pieds dans l’eau salée et les cheveux au vent. Aux Îles-de-la-Madeleine, c’est comme ça. Le vent est un élément central. Au cours de ma vie, je l’ai toujours recherché. Parfois à tort, parfois à raison. Pendant longtemps, j’ai aimé ce proverbe: « On n’attache pas le vent avec une corde ». J’ai toujours aimé la notion de liberté rattachée au vent, mais j’ai rapidement compris que la liberté amène aussi son lot de difficultés et de confrontations.

Bref, je crois que Face aux vents parle de lui même et que chacun peut y trouver une signification.

À chacun de trouver sa stratégie pour faire Face aux vents.

La mienne? Me pencher légèrement vers l’avant et foncer.