Il existe deux grandes catégories de programme dans le domaine de la thérapie d’aventure (Bandoroff et Newes, 2004) . Le premier est un programme d’environ 7 à 60 jours, se déroulant habituellement dans un contexte de camps de plein air. Ce programme est utilisé comme un traitement indépendant pour traiter en majorité une clientèle adolescente, toxicomane et ayant des problèmes judiciaires. Le suivi avec une équipe médicale est alors limité (Bandoroff et Newes, 2004).

Le second type de programme s’arrime plus facilement avec le contexte hospitalier tel que les services offerts par Face aux vents. En effet, ce programme utilise les activités d’aventure comme outil thérapeutique à l’intérieur du plan de traitement global du client suivi à l’unité interne et/ou en clinique externe de santé mentale. Ces activités sont sélectionnées pour faciliter la croissance personnelle du client plutôt que pour favoriser un divertissement général (Schell, Cotton et Luxmoore, 2012). Elles s’inscrivent à l’intérieur d’une approche théorique ou d’un cadre conceptuel adapté aux besoins des clients, donc modifiable en cours de thérapie (Richards et Peel, 2005). Les programmes s’échelonnent sur une moyenne de 8 à 10 semaines, et parfois sont répétés à deux reprises pour un même groupe, soit l’été puis l’hiver (Kelley, Coursey et Selby, 1997; Lakshmi et al., 2006; Schell, Cotton et Luxmoore, 2012). Les différentes activités sont accomplies une fois par semaine pour une journée complète et certains programmes offrent une expédition d’envergure en fin de module. En été, les activités offertes sont la randonnée, l’escalade extérieure, la spéléologie, les parcours aériens, les expéditions en canot et le pique-nique. Le patinage, le ski, la planche à neige, la pêche sur glace, l’escalade intérieure et les quilles font parties des activités offertes en hiver (Kelley, Coursey et Selby, 1997; Lakshmi et al., 2006; Schell, Cotton et Luxmoore, 2012).

Par ailleurs, des lignes directrices sur les fondements de ces programmes sont proposées afin d’optimiser les services rendus et de respecter l’éthique professionnelle. Dans un premier temps, les participants doivent être prudemment sélectionnés par des professionnels qualifiés à travers une évaluation de leur état clinique mental (Davis-Berman et Berman, tel que cité dans Russell, 2003) et une évaluation de leur condition de santé physique (Kyriakopoulos, 2011). Un contrat doit être mis en place entre le client et les thérapeutes concernant les objectifs de la thérapie, les limites du programme, les méthodes utilisées, les résultats escomptés et les risques associés à ce type de thérapie (Crisp, tel que cité dans Bandoroff et Newes, 2004). Les intervenants doivent également utiliser des activités réalisables, disponibles, accessibles, abordables et susceptibles d’être efficaces (Lakshmi et al., 2006). Finalement, les intervenants doivent offrir un environnement sécurisant, facilité par l’établissement d’une alliance thérapeutique, pour favoriser l’exploration de soi et ainsi contribuer au rétablissement de l’individu (Kyriakopoulos, 2011).

 

Les critères d’exclusion

Il est important de noter que certains critères d’exclusions pour la thérapie d’aventure sont mis de l’avant dans les études. En effet, Kyriakopoulos (2011) résume ces critères par le manque de motivation à participer au programme, le niveau de détresse trop élevé, l’incapacité à respecter les règlements associés à la sécurité, la présence active d’idéations suicidaires, une dépendance aux drogues et à l’alcool, des difficultés d’apprentissage sévères ou une maladie mentale organique ainsi qu’une maladie ou un handicap physique grave.

 

Rédigé par: Audrey Lemelin, ergothérapeute CHUM

Étudiante à la maîtrise en pratique de la réadaptation, Université de Sherbrooke.